Le public grec aime les comédies françaises

Comment la France « fait peur » à Hollywood.

Un article de 6 septembre 2014, paru dans le journal Kathimerini de Dimitris Mpouras. Pour voir l'article dans sa version originale, cliquer ici. 

 Grâce à Dieu, Le box office cet été a été sauvé de la chute libre. Les cinémas en plein air qui ont eu la chance de passer la comédie française « Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu ? », lui doivent un grand merci. La première a eu lieu au début de juin dernier et après la coupe du Monde, a réussi à devenir le « must » cinématographique de l'été - le week-end dernier déjà 112.000 spectacteurs l’avaient vu. Deux autres films français, bien qu’ils n’aient pas eu un grand succès, n’ont pas laissé indifférent ; la comédie romantique « Une rencontre » (19.000 spectateurs), et le plutôt anecdotique « Supercondriaque » (10.500 spectateurs).

 On pourrait parler de  hasard  ou d’un feu artifice du cinéma français - qui a réussi à transformer son « bavardage » proverbial en un avantage comparatif- , si, depuis quelques années, il ne nous envoyait pas en permanence un message clairement audible: les films français, surtout les comédies qui réussissent une bonne alchimie entre le « grand public » et la qualité, font un tabac dans leur pays. Parallèlement, même ici, ils réussissent à devenir des événements cinématographiques importants, en brisant la monotonie des blockbuster  hollywoodiens. Le film « Intouchables » (une comédie dramatique qui a été aimée par le public grec comme peu de films français durant la dernière décennie), les « Neiges du Kilimandjaro » ou encore « La conquête » en constituent des exemples.

 Vraie vie

 Il n’est pas possible d’entrer dans l’esprit de 112.000 spectateurs pour répondre à la question : qu’est ce que ce qui a permis la réussite d’un outsider (le film « Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu », n’a pas bénéficié de la visibilité, de la publicité et de la promotion d’un « blockbust hollywoodien » comme «la planète des singes : l’aube » qui a été vu par 69.000 spectateurs en Grèce). On peut toutefois penser que dans la sphère d’une époque « multiplex », on éprouve le besoin de films « comestibles » et non pas insipides. C’est ce que montre aussi le box office grec les deux dernières années. Le recul de l’attractivité du dessin animé, qui laisse le public grec indifférent est manifeste et important.

 Si on ose une hypothèse sur l’avenir, il est possible que le flirt permanent entre Hollywood et les Chinois, laisse un espace « vital » aux industries cinématographiques, comme l’industrie française, qui n’ont pas coupé les liens avec le large public des adultes. Si le marché chinois s’ouvre davantage aux Américains ?  Cela signifiera probablement l’intensification de la production de dessins animés.

 Le film « Qu’est ce qu’on a fait au Bon Dieu » a respecté le ton humoristique de l’auteur et les jeux d’acteur, et il s’est tourné modestement (sans fioritures stylistiques) vers la vraie vie en renouvelant l’étude de mœurs. Il y a des moments que l’on zappe, mais il y a aussi une immédiate drôlerie qui provoque le rire spontané. C’était aussi le cas, il y a quelques années, pour le film « Bienvenus chez les Ch’tis » ou pour le film plus récent, « la conquête »-comédie sur  Sarkozy d’un humour au vitriol, réalisant ainsi le passage du cinéma français à la politique et usant d’un ton sarcastique envers les politiciens. Question rhétorique : Un scénariste, réalisateur ou producteur grec, oserait-t-il faire une comédie, même une comédie de mœurs, sur nos politiciens et notre propre drame ?

 Article traduit par Evangelia Tzimourta

 

 

 

 

 

 

 

 

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