Giannis Aggelakas : La discorde, c’est notre plus grande erreur

"Tout est chemin"

Un article paru sur le site ethnos.gr, le 12/9/2014, de Anastasia Kouka. Traduit par Eva Tzimourta.

Pour lire l'article en version originale, cliquer ici.

« Tout est chemin », c’est le titre du concert de Yannis Aggelakas, qui donne rendez-vous au public athénien, le 17 septembre au théâtre Vraxon « Melina Mercouri », à Athènes dans le quartier de Virona.

 Yannis Aggelakas fait partie de ces artistes sur lesquels on sait peu de choses si on ne les a pas vus sur scène.Parce que, bien qu’il mette dans ses disques tout ce qu’il ressent, sentimentalement et musicalement, la scène reste toujours son moyen d’expression absolu.

Aggelakas 1

 Le programme du concert comprendra l’ensemble des éléments divers qui composent la musique d’Aggelakas : passant du rock aux rebetika et au hip-hop, jusqu’à la musique électronique. Et quand on lui demande sur quels critères il prépare à chaque fois le programme de son concert, il nous répond avec sincérité : « Je fais le programme en me basant sur les morceaux qui parlent le plus fort à mon âme ».

 Il a d’ailleurs toujours mis l’accent sur l’instinct. « C’est par instinct qu’on fait ce qu’on fait depuis toutes ces années. Et on en jouit, avec toutes les facilités et les difficultés. Ce chemin m’a été donné, c’est celui que je parcours » dit-il en admettant qu’il ne s’est jamais interrogé sur le rôle de la musique dans sa vie. Peut-être parce qu’il est étroitement lié avec elle, c’est un mode d’existence permanent ».

 Et justement, pour pouvoir persévérer dans cette vie « en musique » (ndt), il lui a fallu dans le passé affronter pas mal de difficultés. « Au début, les choses étaient très difficiles. On avait du mal à s’en sortir. Le groupe « Tripes » a été créé en 1983 et c’est seulement en 1994 qu’on a réussi à « en vivre ». Entretemps, on a fait pas mal de « boulots » pour maintenir le groupe en vie. Peut-être qu’à cette époque là, j’ai pensé tout abandonner mais je ne l’ai pas fait ».

 Et heureusement qu’il n’a pas abandonné parce que dans ce cas, la scène de la musique grecque perdrait l’un de ses représentants les plus intéressants. Un poète musicien, un rocker original, bien qu’il souligne que « Depuis mes débuts dans le groupe « Tripes », j’ai toujours dit que je ne voulais pas être un rocker ». C’est peut-être la raison pour laquelle son public est si hétérogène en ce qui concerne son âge et ses goûts musicaux. En tout cas, lui nous confie « Ca ne m’étonne pas que je touche encore les jeunes. Le plus important, c’est que moi-même je puisse encore être touché »

 En ces temps de crise financière, Yannis Aggelakas avoue qu’il est plus chaleureux, plus ouvert, que ce soit en « observateur » ou quand il participe à une conversation. Il considère comme un devoir de chercher des solutions, non pas tellement en tant qu’artiste mais surtout en tant qu’homme. « Comme lorsqu’une difficulté familiale se fait sentir, où on se réunit tous pour en discuter, je crois qu’il faut aussi affronter les problèmes communs à la société de la même façon. Je ne fais pas partie des gens qui considèrent l’art comme une panacée en ces temps troublés, ce pourquoi, il devrait être présent. C'est-à-dire que le fait de faire des chansons ne signifie pas qu’on a une meilleure approche intellectuelle que les autres. La question est la relation de chacun avec sa conscience.

 « Nous sommes déchirés »

 Nous lui avons demandé « Qu’est ce qu’ils payent les Grecs aujourd’hui ? « Et il nous répond «  Je crois qu’on paie tout d’abord nos propres erreurs. C’est sur ces erreurs que se sont appuyés les étrangers. Et notre plus grande erreur, c’est la discorde. On est déchiré en tant que famille, en tant que société. Toute la Grèce, partout où on va, est divisée en camps différents. On ne peut plus se comprendre et il n’y a pas d’espace pour une logique commune. C’est pourquoi, je ne suis pas optimiste, au moins en ce qui concerne l’avenir proche. Je crois que le Grec moyen aime se mentir à lui-même. Et chaque fois que les circonstances changent, il change aussi ses mensonges ».

 

 

 

 

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