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Renouer avec notre histoire à travers l’art

Un article paru dans le Kathimerini de Margarita Pournara le 9 novembre 2014. Pour lire l'article en version originale, cliquer ici.

 Un article traduit par Eva Tzimourta

Admettons-le : La récession économique a contraint nos musées à se replier sur l’intérieur, puisqu’il est particulièrement coûteux de faire venir des œuvres et des expositions entières de l’étranger. Est-ce un mal ? Absolument pas, si on considère qu’avec toutes ces célébrations qui ont lieu actuellement, on peut nourrir à travers l’art, une sorte de « conscience de soi ». Même si elle se fait de manière contingente et sans ordre précis, la connaissance approfondie de notre patrimoine passé et présent est utile tout en faisant l’effet d’un baume. Voici un exemple au hasard pour les trois mois qui suivent :  la Crête à l’époque du Greco,  le berceau qui a nourri l’esprit tourmenté de l’artiste avant qu’il ne parte pour Venise et Tolède, nous est ouverte à travers un hommage habilement mis en scène au Musée Byzantin.  A la fondation Theocharakis, on voyage avec l’infatigable Panagiotis Tetsis, en suivant un itinéraire constitué des tableaux récents du peintre qui va du Pirée à Hydra. (Lien ici vers la notice biographique en anglais qui lui est dédiée sur Wikipedia).

On consolide ses connaissances sur l’Antiquité grecque à travers deux expositions extraordinaires sur la santé et la mort, en préparation au Musée d’Art cycladique (Μουσείο Κυκλαδίτικης Τέχνης). Au Musée d’Art islamique, Μουσείο Ισλαμικής Τέχνης, on se plonge dans la sensualité de l’atmosphère orientale à travers les œuvres de Theodore Jacques Ralli.  ( Θ. Ράλλης). (Lien vers la notice biographique en anglais qui lui est dédiée sur Wikipedia)

Tandis qu’à la Plaka, le musée Frissiras accueille une excellente collection-anthologie d’images sur la peinture grecque et européenne. Non seulement il ne s’agit pas de se plaindre de l’activité des musées, -économiquement épuisés- mais de prendre plaisir à une approche historique, géographique, sensible  du patrimoine ainsi valorisé, qui résulte des choix de ses organisateurs.

Après le grand succès de l’exposition sur l‘amour, en 2009-2010, le Musée d’Art cycladique revient avec l’achèvement de la trilogie portant sur des thèmes universels et intemporels, conçue par son directeur, le professeur Nikos Stampolidis. Deux événements seront bientôt inaugurés : le 19 novembre, dans le bâtiment de Neophytou Douka, l’exposition « Guérison. Santé. Maladie et thérapie de Homère à Galien » et le 1o décembre l’exposition « La mort et la vie après la mort en Grèce antique» à la villa Stathatos.

Il s’agit de deux célébrations de très grande qualité qui ont nécessité une longue préparation, la collaboration de plusieurs musées en Grèce et à l’étranger et ont requis un budget important. Pour parvenir à ses fins, le musée privé a dû avancer à grands pas et travailler avec efficacité en en appelant au mécenat. Des soirées ont été ainsi organisées à Athènes, à Londres et à New York, au cours desquelles une somme d’argent considérable a été rassemblée.

Que verra t-on dans ces expositions ? D’une part, une présentation synthétique de l’évolution des pratiques thérapeutiques dans l’Antiquité, le passage des cures à caractère magique et religieux à la mdecine rationnelle et scientifique, couvrant une période qui va de 1200 av JC jusqu’au 3ème siècle ap JC. Un récit documenté avec 300 objets antiques provenant de 41 musées de toute la Grèce et de l‘étranger organisés en 3 entités : la santé, la maladie, la guérison.

D’autre part, la deuxième exposition mettra l’accent sur l’un des mystères les plus considérables et les plus préoccupants, et cela depuis toujours et sans fin, pour l’humanité : le destin de l’âme immortelle après la mort du corps physique. Les descriptions épiques  de l’autre monde, telles qu’elles ont été évoquées dans les œuvres anciennes de différentes périodes, servent de point d’appui à l’exposition.  Mais la célébration sera également enrichie avec des œuvres du Greco, dans le sillage de l’hommage qui lui est rendu cette année.

A partir du 14 novembre sera exposée « La sépulture du Christ » de la Pinacothèque nationale d’Athènes. L’œuvre sera encadrée par deux « Pieta » du Greco qui seront virtuellement présentes grâce à la technologie numérique, en taille presque réelle.

 

Autour de Theotokopoulos (El Greco)

« Dominikos Theotokopoulos avant le Greco » : tel sera le thème de la grande exposition programmée par le Musée byzantin et chrétien. Elle comprendra 200 pièces : des objets de la vie quotidienne, des objets religieux et décoratifs, des archives, des manuscrits et des documents, des images et des tableaux d’artistes crétois et italiens du 16ème siècle. Le but est d’apporter un éclairage sur l’environnement social et artistique de la Crète du 16ème siècle, dans laquelle s’est forgée la personnalité du peintre avant son départ pour Venise en 1567. Le vernissage avait été prévu pour le 19 novembre mais, selon certaines sources, le changement de direction au sein du musée va entraîner un retard et l’exposition ouvrira probablement début décembre.

De plus, la Pinacothèque nationale et le Musée Benaki contribuent eux aussi à  la célébration du Greco. La première organise un hommage, à la Galerie nationale de Sculpture, où les visiteurs pourront voir des œuvres célèbres d’artistes de l’Escurial et de Tolède, en format numérique puisqu’il est interdit de les sortir du territoire espagnol. Le musée Benaki, jeudi prochain propose dans le bâtiment principal une présentation du « Cercle d’amitiés du Greco ». L’exposition sera centrée sur les  intellectuels, les collectionneurs et les commanditaires qui ont constitué son cercle de proches, l’ayant constamment inspiré et soutenu dans son parcours artistique.

Le 21 novembre, dans le bâtiment du Pirée sera inaugurée l’exposition « Dominikos Theotokopoulos entre Venise et Rome » autour d’œuvres majeures comme « Le Baptême du Christ » qui appartient à la commune d’Héraklion et la « Vue du mont et du monastère Sina » achetée par l’Institut Andrea et Maria Kalokairionou en 1991 ainsi que « L’enfant qui souffle une bougie allumée » du Musée national de Capodimonte de Naples et qui sera exposée pour la première fois en Grèce.

Une belle surprise de la part du Musée d’art islamique, qui présentera le 11 décembre une célébration de l’œuvre de Theodore Ralli, dont les thèmes d’inspiration ont été la Grèce et l’Orient, influencé lui-même par le mouvement orientaliste.

De nouvelles œuvres de Panagiotis Tetsis

Au grand ravissement de ses visiteurs, la fondation Theocharakis expose des paysages à l’huile,  des œuvres récentes magnifiques, dans une exposition centrée sur le travail de Panagiotis Tetsis. Avec une infatigable énergie, le peintre tourne le regard vers Hydra, son île préférée, et l’itinéraire qui y mène à partir du Pirée. Alors qu’il va bientôt célébrer ses 90 ans, il demeure un amoureux ardent et zélé de la peinture et ne laisse pas passer, ne serait-ce qu’une journée, sans peindre.

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