La Plaka : 12 histoires

12 récits du plus ancien quartier d'Athènes

Un article traduit du site in2life.gr

Pour voir l'article en version originale, cliquer ici. 

De Georges Kokouvas

 

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C’est le plus vieux quartier d’Athènes. Et le plus beau. Ca, vous le saviez déjà. Mais, inhérents à son histoire et à son charme, il y a ces petits (où grands) mystères qui se cachent dans chacune de ses ruelles dallées. Ci-dessous, nous avons rassemblé quelques anecdotes et informations que nous nommerions « inutiles » si elles ne nous étaient pas justement utiles à apprécier encore davantage nos promenades à la Plaka.

Voici 12 histoires qui furent écrites, qui sont écrites dans le cœur véritable d’Athènes.

 Le monument de Lysicrate et le couvent des Capucins

 Connu, autant qu’oublié- comme « la lanterne de Diogène » , le monument de Lysicrate n’est pas seulement le prix choregique pour la meilleure représentation donnée au théâtre de Dyonisos mais aussi, à notre connaissance, la première construction ornée d’un chapiteau corinthien.  Quand, à la fin du moyen-âge, le terrain fut acquis par l’ordre des Capucins, le monument faisant partie de l’ensemble, et c’est même grâce à la résistance de l’abbé qu’il fut soustrait aux appétits de Lord Elgin. Le couvent a brûlé en 1890, mais heureusement, le monument a été sauvé.

 Le « berceau » de Karaghiosis

 Le célèbre spectacle de théâtre d’ombres, le populaire Karaghiosis, est apparu comme personnage pour la première fois à Athènes, dans les cafés de la Plaka, pendant la domination ottomane

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Et l’écran attirait même une petite foule place Lysicrate. Aujourd’hui, rue dεs Trépieds (rue τριπόδων), vous trouverez l’un des lieux les plus actifs du théâtre d’ombres et de marionnettes « figures et marionnettes » qui perpétue cette tradition.

 La Plaka des enfants

 Deux musées consacrés à l’enfance se trouvent au cœur de la Plaka, mettant à l’honneur l’âge le plus tendre et donnant aux familles un prétexte en or  pour descendre de l’Acropole. C’est le « Musée grec pour l’enfance », rue Κυδαθηναίων, dont l’entrée est libre et qui programme beaucoup d’activités créatives pour les petits Athéniens et le « Musée des arts enfantins », l’un des rares musées de ce type au monde, qui expose des peintures et des œuvres plastiques réalisées par des enfants entre 5 et 15 ans.

 La première université d’Athènes

 A l’ombre de l’Acropole, dans la rue Θόλου, la maison Kleanthi-Schaubert a abrité la première université fondée par le roi Othon en 1837. Après les altérations dues à l’occupation ottomane, cette maison avaité été restaurée par Schaubert et Kleanthi, les architectes auxquels Jean Capodistrias avait confié les études d’urbanisme, après la formation de l’Etat grec. Ils y demeurèrent jusqu’à la fondation de l’université. Elle s’appelait « Université othonienne » et on y enseignait les sciences. Quant au batiment, il est resté connu par la suite comme l’ancienne université.

 La Plaka : d’où vient son nom ?

 Le baptème de la Plaka a suscité un grand nombre de versions différentes.

L’une d’entre elles invoque une grande plaque de pierre qui se trouvait à l’emplacement de la  chapelle Saint George. Mais la version la plus courante plaide  pour  l’origine albanaise du mot. En albanais, le mot « plak » veut dire ancien, et ainsi, quand les Albanais furent chassés de la place au 16 ème siècle, ils l’appelèrent «πλακ Αθήνα», c'est-à-dire la vieille Athènes. Et le nom a fini par « coller » à tout le quartier.

La maison de M. et Mme Kokovikos

 La petite maison néoclassique au début de la rue des Trépieds est aujourd’hui abandonnée, et la cour est envahie de broussailles et de décombres. C’est pourtant elle que l’on voit dans le film « «Η δε γυνή να φοβήται τον άνδρα » (Et la femme craindra son mari) et elle possède encore un passé plus mémorable : elle fut construite il y a  plus de deux siècles pour accueillir  l’état-major de l’armée turque, et plus tard transformée …en pissotière.

De plus, des  fouilles archéologiques ont permis de découvrir que quelque chose de ce genre avait eu lieu beaucoup plus tôt : le lieu avait servi de toilettes publiques dans l’Antiquité. Aujourd’hui la maison bien décrépite d’Eleni et monsieur Kokovikos (protagonistes du film) est « classée » et donc  à préserver . Elle a été transférée à la ΤΑΙΠΕΔ (organisme dédié à la gestion des biens culturels) qui a la charge de la mettre en vente au plus offrant, dans le cadre de la valorisation du patrimoine immobilier public.

 Un quartier d’un autre siècle

 La Plaka n’est pas seulement le plus vieux quartier d’Ahènes mais le seul où on peut voir les ruelles et la ville telle qu’elle était il y a 100 ans. Et ceci parce que, après la guerre, les maison de la Plaka ont été « classées » dans leur totalité. C’est grâce à cela que  nous pouvons jouir de sa splendeur architecturale restée intacte.

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Quand La Plaka a été en danger

 Le grand danger pour la préservation des couleurs du quartier a été le brusque afflux de touristes au milieu du 20ème siècle. Cela a conduit le gouvernement à prendre des mesures draconiennes en 1979, c'est-à-dire à transformer certaines rues en rues piétonnes, à limiter les affichages publicitaires et plus tard, sous Tritsis*, à l’interdiction des lieux de vie nocturnes pour éviter une fiévreuse pollution sonore.

 **Homme politique et urbaniste, maire d’Athènes jusqu’en 1992

 

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Les maisons célèbres de la Plaka

 Avec vue sur les colonnes du temple de Zeus Olympe, l’immeuble à deux étages au 5 de la rue « Periandrou » Περιάνδρου a abrité autrefois le grand écrivain Kostis Palamas. Il partageait la maison avec d’autres locataires et il a écrit ici beaucoup de ses poèmes. C’est là qu’il s’est éteint le 27 février 1943, et une foule s’était réunie dans sa maison pour l’enterrement. Et plus loin, au 4 de la rue Διοσκούρων (des dioscures ?) on peut visiter la maison d’Elytis, avec l’exacte recomposition de son bureau, alors que, dans une construction néoclassique de deux étages, au 9 de la rue Κυδαθηναίων, comme nous en informe une plaque, a vécu le président de la démocratie Constantinos Tsatsos, avec sa femme Ioanna Seferiadis. La maison appartenait à Stiliano Seferiadis,  père de cette dernière et de Georges Séféris. Le  poète prix nobel demeurait lui-même au rez de chaussée de la maison.

 Le plus vieux cinéma en plein air de la ville

 Ou au moins l’un des plus vieux puisque la trace de sa fondation se perd quelque part avant les années 20. C’est alors qu’un coiffeur, qui avait habité Paris, eut l’idée d’organiser à Plaka des projections en plein air sous le nom « Ciné Paris ». Dans les années 60, le lieu a été transféré là où il se tient aujourd’hui encore, même s’il a fermé pour presque deux décennies.  Depuis 1986, avec son nouveau propriétaire, il les portes de sa terrasse sont de nouveau ouvertes, afin que l’on puisse jouir en même temps d’une séance de cinéma et de la vue sur le rocher sacré.

 Des quartiers à l’intérieur du quartier

 Savez-vous où se trouve le Rizokastro « ριζόκαστρο » ? D’où vient le nom Vrisaki « βρυσάκι » ? et pourquoi le rocher sacré a pris une teinte cycladique ? Les réponses se trouvent dans les …sous-quartiers de la Plaka. Une part du quartier de αέρηδων dans la partie basse du côté nord de l’Acropole s’appelle Rizokastro, ainsi nommée parce qu’elle se trouve au pied du château- dans les faits, la zone a été fortifiée à la manière d’un fort pendant la période byzantine.

Avant de prendre ce nom, le même quartier s’appelait « γερλάδα » parce qu’il évoluait le long du pourtour du rocher comme une guirlande. 

De là, le βρυσάκι  était le quartier qui s’étendait entre la rue ΑδρριανούΒουλευτηρίου, Αποστόλου Παύλου et Αγίων Ασωμάτων. Le quartier avait été construit sur les ruines de l’ancienne agora d’Athènes, pour cette raison il a été détruit, il ne reste plus aujourd’hui, pour l’évoquer, que le centre culturel bien connu le « βρυσάκι ».

Les « Αναφιώτικα », qui constituent un quartier autonome sur les hauteurs de la Plaka. méritent une mention particulière.  Les petits maisons blanches et carrées ont été construites principalement par les maçons du village d’Anafi, dans les cyclades. Le roi Othon les avait appelés pour bâtir les palais et nouvelles maisons néo-classiques d’Athènes.  N’ayant pas où loger, les maçons construisaient de nuit ce rare témoignage architectural dans l’ombre du rocher sacré. On dit même que certaines surgirent en une nuit, tandis qu’il était fréquent qu’elles se poussent les unes les autres en raison de la précarité de l’installation sur l’Acropole –les artisans se heurtaient même  à une grande hostilité de la part des habitants de la Plaka.

Cependant, les autorités fermaient les yeux au motif que c’est le roi lui-même qui les avait autorisés et finalement le quartier, qui aujourd’hui encore ne connaît pas d’adresses régulières en dehors de numéros de maisons, a été « classé » et est donc une zone « à préserver ».

 Barba-Yiannis, le vendeur de cruches

 Parmi les figures légendaires les plus mémorables d’Athènes, le célèbre Barba-Yannis habitait rue Υπερείδου à Plaka et chaque jour, il descendait les ruelles avec son âne et ses pots, pour se rendre à Syndagma. Là, sa figure était même devenue tellement populaire que l’orchestre de la garde l’accueillait avec des chants quand il arrivait sur la place. Les dimanches, Barba-Yannis se métamorphosait en aristocrate et prenait place dans les cafés célèbres du quartier, la « Belle Hélène » et le « Solon ». Dans les années 1880, il a disparu : Personne ne l’a jamais revu et les rumeurs, à Athènes, allèrent bon train, faisant naître des hypothèses variées sur le personnage et son destin.

 Le bain des Vents  « Αέρηδων »

 Il est le seul, parmi les bains publics, qui ait été sauvé jusqu’à aujourd’hui. Pendant la première période de l’occupation turque, il avait acquis les caractéristiques d’un hammam. Il a fonctionné jusqu’en 1965.

Pendant la période antique, le bâtiment s’appelait « l’horloge d’Andronicos » et comportait une horloge solaire avec une girouette. Mais, avec les connaissances lacunaires qu’avaient les Grecs modernes sur leur propre passé, croyant que c’était un temple en l’honneur du Dieu Eole (en raison de l’appellation «Αέρηδες»), quand ils dessinèrent les nouvelles rues d’Athènes au 19ème siècle, ils nommèrent la rue qui part de là la rue d’Eole. Aujourd’hui, le monument revit avec une exposition « pionnière » qui nous raconte son histoire.

 

 


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