Un roman grec

"Je suis content que la Grèce dise non"

Vassilis Alexakis était le 18 février dernier l'invité de l'émission "Boomerang" sur France Inter pour la sortie de son dernier roman "La clarinette". L'occasion pour lui d'évoquer les récentes élections grecques: "J'ai voté Syriza" dit-il. "La Grèce vient de traverser une période très difficile qui a duré 5 ans et on a l'impression que ces difficultés n'ont pas servi à grand chose. La dette grecque a quasiment doublé et il n'y aucun plan de développement...Et je suis assez content que la Grèce dise non après avoir dit oui pendant cinq ans... Les gens en Grèce n'ont jamais été aussi seuls qu'aujourd'hui car la crise détruit les familles et les solidarités traditionnelles"..."Depuis la victoire de Syriza, les gens sont souriants dans la rue".

"La clarinette" est un roman sur la Grèce et sur la crise, mais comme tous les récits de Vassilis Alexakis, c'est aussi une réflexion sur la mémoire. Arrivé en France à la fin des années 60, Alexakis partage aujourd'hui sa vie entre Paris et Athènes. Il sait par conséquent à quel point la peur de l'oubli est constitutive de la condition de l'exilé. L'oubli de la langue et donc du pays menace l'expatrié. C'est d'ailleurs à cet oubli que fait référence le titre de son dernier roman "La clarinette". Car précisément, ce terme avait pour un temps disparu du dictionnaire intérieur de l'écrivain. Un effacement, une absence, un défaut vécu comme un avertissement.

Cependant, comme le rappelle l'écrivain avec un trait d'humour noir bien grec, le fait de vivre entre deux pays présente aussi des avantages. Ainsi, la mort viendra probablement le chercher d'abord rue Juge, à Paris alors qu'il sera à Athènes!

Pour réentendre l'émission, suivre ce lien

 

La clarinette

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